Chemin des Artistes 2006  - Itineraires















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Les Terres Rouges
AletCassaignesPeyrolles – Serres – Arques.


Au sortir de la forêt qui descend du Paradis, Arques dresse son donjon à l’esprit gothique. Le village vit naître Déodat Roche qui fut l’un des premiers historiens du catharisme. Comme en écho, Serres ouvre son château de plaine aux spectacles estivaux au sein d’un espace élargit et inespéré en cet enchevêtrement de vallons dans ce pays qui hésite entre Corbières et Razès. Peyrolles balance entre forêt et vignes, tout en écoutant son menhir lui conter l’histoire du pays. Cassaignes, patrie du poète occitan Casimir Clottes, chante comme les pierres des capitelles rencontrées sur le sentier du même nom, dans la langue de son enfant troubadour. Au fond de son lit, la Sals chahute sans ménagement les pierres qui rappellent si bien le nom de ces villages. Au pied de ces terres de feu, Alet-les-bains vient à point nommé pour accueillir et rafraîchir un repos méditatif parmi ses ruelles de fraîcheur et au pied de l’ancienne abbaye qui fut le siège d’un évêché pendant cinq siècles.
Les Terres Hautes
Rennes-les-Bains – SougraigneFourtouBugarach – St Louis et Parahou – St Just et le Bézu.

À la naissance de l’Orbieu, parti courir son aventure vers les Corbières, Fourtou pose le regard sur les hautes collines du chemin, non sans jeter un clin d’œil aux proches Pyrénées. De l’autre côté du col de la Fage, et depuis Sougraigne, la Sals véhicule le sel qui constitua la richesse du pays surveillée de près par les gabelous en arme. En aval, Rennes-les-Bains apaise les esprits de ses thermes aux bains doux et forts, dont une des sources rendit la santé à la reine Blanche de Castille. Saint-Louis et Parahou, ne voyant plus les meuniers venir vendre leur farine à la frontière du royaume, se sont donné la main, sans plus se soucier des marches du territoire et leur lot d’envahisseurs. Saint-Just et le Bézu, fondé au XIIIe siècle, arbore son église en pierres apparentes, dont l'intérieur est orné de motifs végétaux. Au pied de sa montagne inversée, Bugarach entretient la légende des lutins Bugh et Arach, qui, à force de prières, firent sortir de terre ce monument ciselé aux structures tourmentées, et dont les cerbères de pierre gardent encore le sommet occupé par le cers.

Chemin des Deux Vallées
BourigeoleFestes et St André – St Jean de ParacolRouvenac.

Faby et Corneilla sont nées de part et d’autre du Bosc de Festes aux confins du Quercorb et du Razès. Chacune est partie couler de son côté ses crues et ses étiages, au gré des humeurs du ciel, pour se retrouver dans l’Aude. L’une et l’autre ont baigné sur leur passage, terres et villages dédiées à l’élevage et au vin. Saint-Jean de Paracol a jeté un dernier clin d’œil aux Monts d’Olmes avant de se tourner vers un air méditerranéen qui n’empêche ses prairies de verdir au printemps. Rouvenac, sous la protection du plateau de Bouichet qui lui évite les rigueurs montagnardes, soigne ses platanes centenaires qui ornent la place. Si d’aventure, vous rencontrez à l ‘automne des véhicules aussi improbables qu’éphémères, vous êtes alors sur la route de Festes-Saint-André où l’imagination a élu domicile. Dans son écrin de verdure, Bourigeole, le village aux trois églises, observe sans mot dire les mouvements de la vallée avec sérénité. Les vibrations de la ferveur cathare est passée par Tournebouix.
Au Fil de l'Eau
Espéraza – Campagne – Brenac – Quillan – Ginoles.


Le long du fleuve qui structure le pays, chacun tente de garder sa mémoire. Ginoles et son âge d’or thermal respire encore de ses anciens hôtels qui traçaient l’architecture des stations de santé. Quillan l’industrieuse gardera toujours ce rôle de verrou ne laissant passer que l’Aude. C’est du moins ce que souhaitaient les bâtisseurs de la forteresse médiévale qui orne le flanc des collines des Trois Quilles. Brenac, lézarde au soleil de ses maisons de pierre, au pied d’un karst habité, dit-on, par les elfes de la nuit. Le nom de ce village rappelle le bouclier qui couronna les valeureux guerriers locaux de l’ovalie. Campagne-sur-Aude remonte ses années jusqu’à l’aube des temps pour retrouver les grands sauriens qui devaient se mirer dans l’Aude, avant de suivre le cours du fleuve pour rejoindre la cité chapelière au nom évocateur. Malgré les vicissitudes d’une économie ingrate, Espéraza a su garder la tête haute en accueillant un marché aux accents colorés ponctuant une semaine bien remplie.